Etude Scientifique

Réalité virtuelle en UCI cardiaque : quand la science confirme ce que les soignants ressentaient déjà

Vous le savez mieux que quiconque : le retrait des drains thoraciques après une chirurgie cardiaque fait partie des gestes les plus redoutés par vos patients.

Douloureux, anxiogène, souvent mal couvert par l’analgésie seule ce moment est une épreuve autant pour le patient que pour l’équipe soignante qui l’accompagne.

Deux essais cliniques randomisés, menés l’un en Espagne et l’autre en Iran, viennent aujourd’hui apporter une réponse concrète et mesurée à cette réalité quotidienne : la réalité virtuelle (RV) réduit significativement la douleur, l’anxiété et même la tension artérielle au moment du geste.


Le retrait des drains thoraciques : un défi de soins encore sous-estimé

En post-opératoire de chirurgie cardiaque, les drains thoraciques sont indispensables : ils permettent d’évacuer le sang, les fluides et l’air accumulés autour du cœur, prévenant ainsi les complications hémorragiques et inflammatoires. Mais leur retrait, généralement effectué dans les 24 à 48 heures suivant l’intervention, est unanimement décrit par les patients comme l’un des gestes les plus douloureux et effrayants de leur séjour en réanimation.

Les données de la littérature le confirment : la prévalence de douleur post-opératoire en USC/UCI oscille entre 44 et 70 %, et 40 % des patients hospitalisés en soins intensifs souffrent d’anxiété. Ces deux dimensions sont étroitement liées l’anxiété abaisse le seuil de perception de la douleur, et la douleur non maîtrisée amplifie l’état de détresse émotionnelle. Les guides de pratique clinique, dont les recommandations PADIS de la Society of Critical Care Medicine (2018), préconisent une approche multimodale combinant traitements pharmacologiques et interventions non pharmacologiques. Parmi ces dernières, les techniques de distraction et tout particulièrement la réalité virtuelle font l’objet d’une recommandation conditionnelle, faute de données cliniques suffisantes jusqu’à récemment.

Ces données existent désormais.


L’étude de Bellvitge : 100 patients, des résultats qui parlent d’eux-mêmes

Le protocole

Entre 2021 et 2023, l’infirmière Laia Gascón Tomás et son équipe de l’UCI cardiaque de l’Hôpital Universitaire de Bellvitge (Barcelone) ont conduit un essai clinique randomisé sur 100 patients post-opératoires de chirurgie cardiaque, tous porteurs de drains thoraciques.

  • Groupe expérimental (n = 50) : retrait des drains selon le protocole habituel + port de lunettes de réalité virtuelle immersive pendant toute la durée du geste (15 à 20 minutes)
  • Groupe contrôle (n = 50) : retrait des drains selon le protocole habituel uniquement, avec analgésie préventive

La douleur (Échelle Visuelle Numérique), l’anxiété (questionnaire STAI-e, version espagnole validée) et les constantes vitales (pression artérielle, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, SpO₂) ont été mesurées à trois temps : avant le geste, immédiatement après, et 30 minutes plus tard.

La technologie utilisée était le kit VRPharma Immersive Technologies : casque Pico G2 4K piloté via tablette par l’infirmier référent, avec deux contenus immersifs relaxants issus de la bibliothèque Relax Ocean Breeze (12 minutes, paysages côtiers) et Crystal Serenity (16 minutes, montagne enneigée) tous deux conçus avec guidage respiratoire visuel intégré, permettant au patient de synchroniser sa respiration avec les consignes soignantes pour le retrait du drain.

Les résultats

Les résultats, présentés au congrès de la SEEUIC (Société Espagnole des Infirmiers en Soins Intensifs) à Malaga en juin 2023 et primés par la Journée de Recherche interne de l’hôpital, sont les suivants :

  • −25 % d’intensité douloureuse dans le groupe RV par rapport au groupe contrôle
  • −30 % d’anxiété mesurée dans le groupe RV
  • Réduction significative de la tension artérielle moyenne, reflet objectif de la baisse du stress physiologique
  • Indice de satisfaction patient : 8,3/10 dans le groupe RV
  • Aucun effet indésirable lié au dispositif n’a été rapporté

L’équipe conclut que la réalité virtuelle constitue « un outil non pharmacologique sûr, facile à utiliser et d’une haute efficacité » dans ce contexte.

(Source : étude clinique randomisée NCT05332119, Hospital Universitari de Bellvitge, complétée en mars 2023. Résultats diffusés par communiqué institutionnel, août 2023. )

Résultats (communiqué hôpital) : https://bellvitgehospital.cat/es/actualidad/noticia/la-realidad-virtual-reduce-el-dolor-y-la-ansiedad-de-los-pacientes-de-la-uci-en Enregistrement ClinicalTrials : https://clinicaltrials.gov/study/NCT05332119


L’étude iranienne : une confirmation indépendante dans Scientific Reports

Publiée en février 2024 dans Scientific Reports (Nature Publishing Group), l’étude de Dalir Z. et al. apporte une validation indépendante sur un design très proche.

Conduit dans deux hôpitaux universitaires de Mashhad (Iran) sur 70 patients opérés de pontage aorto-coronarien (CABG), cet essai randomisé a comparé un groupe bénéficiant d’une vidéo immersive en 360° via lunettes VR démarrée 5 minutes avant le retrait des drains, à un groupe contrôle sans dispositif. La douleur était évaluée par Échelle Visuelle Analogique (EVA) avant, immédiatement après et 15 minutes après le geste.

Les conclusions convergent avec celles de Bellvitge : la réalité virtuelle réduit significativement l’intensité douloureuse perçue, avec un effet maintenu dans le temps post-procédural. Les auteurs soulignent l’accessibilité et la simplicité de mise en œuvre du dispositif comme facteurs déterminants pour son intégration dans les soins courants.

(Source : Dalir Z, Seddighi F, Esmaily H, Abbasi Tashnizi M, Ramezanzade Tabriz E. Effects of virtual reality on chest tube removal pain management in patients undergoing coronary artery bypass grafting: a randomized clinical trial. Scientific Reports. 2024;14(1). DOI: 10.1038/s41598-024-53544-9)

Voir l’étude


Pourquoi ça marche : le mécanisme de la distraction immersive

La réalité virtuelle n’est pas un simple écran devant les yeux. Elle agit sur un mécanisme cognitif bien documenté : la capacité attentionnelle humaine est limitée. Lorsqu’un patient est profondément immergé dans un environnement virtuel à 360°, son cerveau alloue une part importante de ses ressources à traiter ces stimuli visuels et auditifs. La perception des stimuli douloureux provenant du monde réel est donc mécaniquement atténuée — non pas supprimée, mais concurrencée.

Trois concepts clés définissent l’efficacité d’une expérience VR thérapeutique :

  • L’immersion : la qualité technique du dispositif (résolution, champ visuel, audio) détermine la profondeur de la coupure avec l’environnement réel
  • La présence : le sentiment subjectif du patient d’être « ailleurs » c’est cette sensation qui module le vécu douloureux
  • L’agence : l’interactivité et le contrôle (ici, le choix du contenu) qui renforcent l’engagement et réduisent l’anticipation anxieuse

À cela s’ajoute un bénéfice propre au contexte des soins intensifs : la possibilité pour l’infirmier de piloter l’expérience à distance via tablette, de visualiser en temps réel ce que voit le patient, et d’intervenir sans rompre l’immersion.


Ce que ça change concrètement pour vos équipes

Au-delà des pourcentages, ce que ces deux études décrivent, c’est une transformation du soin lui-même :

Pour le patient : une expérience procédurale moins traumatisante, un souvenir moins négatif, une récupération potentiellement facilitée. Les études sur la douleur en soins intensifs montrent que les expériences douloureuses non traitées laissent des traces : risque de chronicisation, de syndrome de stress post-traumatique, d’une réticence future aux soins.

Pour l’infirmier : un outil actif, non un simple complément passif. La RV donne au soignant une prise concrète sur le vécu émotionnel du patient pendant un geste qu’il ne peut pas lui épargner. Elle repositionne le rôle infirmier au cœur de la stratégie analgésique multimodale.

Pour le service : une intervention sans surcharge pharmacologique, sans effet secondaire documenté, compatible avec les protocoles existants. Et une démarche d’humanisation des soins tangible, mesurable, transmissible.


FeelU : une solution pensée pour le monde hospitalier

FeelU est un dispositif de réalité virtuelle thérapeutique certifié dispositif médical de classe I (marquage CE), développé spécifiquement pour les environnements de soins. Son module hospitalier intègre une bibliothèque de contenus immersifs validés pour des populations de patients fragilisés : contenu relaxant sans mouvements brusques, guidage respiratoire visuel, contrôle à distance par le soignant.

Contrairement aux solutions grand public, FeelU est conçu pour s’intégrer dans les protocoles de soins existants sans formation lourde, sans friction technologique, avec une traçabilité compatible avec les exigences des établissements de santé.

Les études de Bellvitge et de Dalir et al. valident exactement ce positionnement : une RV immersive, simple d’utilisation, associée à une analgésie préventive, comme standard de soin dans les procédures douloureuses en USI.


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Article rédigé à partir de sources vérifiées : étude clinique randomisée NCT05332119, Hospital Universitari de Bellvitge (résultats 2023) ; Dalir Z. et al., Scientific Reports, 2024, DOI 10.1038/s41598-024-53544-9. Les résultats cités sont issus de communications scientifiques officielles. FeelU ne revendique pas l’exclusivité de ces études. FeelU intègre depuis 2025 les technologies développées par VR Pharma